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Videontario

29 avril, 2015, 19 h 30

Club SAW, 67 rue Nicholas

Présenté en association avec la Scène Ontario du CNA, le Centre d’art médiatique SAW Vidéo en partenariat avec la ZAC du centre-ville Rideau.

 

    

Changement climatique, étalement urbain, paysages de rêve, traditions autochtones, cabanes de pêche blanche et sorcellerie, autant de sujets réunis dans cette projection de courtes vidéos provenant des quatre coins de l’Ontario. Tout ce qui compose la géographie de la province – des paysages naturels aux panoramas urbains – alimente la façon de célébrer le passé et d’aborder l’avenir.

Dirigé par SCOTT MCGOVERN, directeur de programme au Ed Video Media Arts Centre de Guelph, Videontario dépeint les zones de convergence, tant au plan matériel que spirituel, entre les artistes, leurs idées et leurs milieux d’appartenance.

Brèves scènes de nudité et un peu de violence.

Tous les films sont soit muets, en anglais ou sous-titrés en anglais.

Programme

Wakening, Danis Goulet (Cris/Métis, Toronto), 8:51, 2013 / anglais & cri avec sous-titrés en anglais

Cooling Reactors, soJin Chun + Alexandra Gelis (Toronto), 2:11, 2011 / sans dialogue

NiiPii (Water), Jules Koostachin (Sudbury), 6:20, 2012 / anglais

Repercussions, Terril Calder (Métis, Fort Frances/Toronto), 3:35, 2013 / sans dialogue

Tea Service, Lisa Birke (Kitchener), 10:45, 2013 / sans dialogue

Willow, Deirdre Logue (Toronto), 1:13, 2012 / sans dialogue

Life in the Fast Lane, Almerinda Travassos (Toronto), 21:30, 2010 / anglais

Ice Follies, Eric Boissonneault (Métis, North Bay), 3:27, 2012 / sans dialogue

Denim Pox, FASTWURMS (Creemore), 5:35, 2002 / anglais

Mohawk Midnight Runners, Zoe Leigh Hopkins (Heiltsuk/Mohawk, Ottawa), 16:14, 2013 / anglais


Videontario — Manifestations extérieures

par Scott McGovern

La géographie de l’Ontario, avec ses vastes espaces, se distingue par sa grande diversité, comme en font foi les ours polaires qui errent dans le Grand Nord et les cactus qui poussent à l’extrême sud. Quatre saisons distinctes et prononcées divisent le temps, imprégnant nos souvenirs de mille et une atmosphères. L’Ontario abrite certains des plus beaux lacs, forêts et terres agricoles au monde. Et bien sûr, l’immensité de la province contribue à la variation dynamique qui caractérise ses habitants.

Les nombreux paysages de l’Ontario, ruraux et urbains, exercent une profonde influence sur les préoccupations conceptuelles des artistes que Videontario met en évidence. Bien que les vidéos traitent souvent en essence d’une personne (le sujet), une toile de fond (le décor) définit toujours le contexte dans lequel elle évolue. Dans les dix œuvres que nous vous présentons, le décor, plus que d’être une simple toile de fond, est un personnage indissociable du récit et, parfois, il occupe l’avant-scène de l’œuvre. Hollywood a fréquemment recours à des panoramas de l’Ontario pour imiter d’autres endroits, contrairement aux artistes de Videontario, qui utilisent sans dissimulation leur environnement pour raconter leur histoire, promouvant ainsi des productions artistiques ontariennes dans le reste du pays et à l’étranger.

À n’en pas douter, les concepts qui émergent d’un endroit ne se limitent pas à l’environnement immédiat de l’artiste. De plus en plus, nous voyageons physiquement et virtuellement vers d’autres lieux et rencontrons des personnes différentes, ce qui favorise une conscientisation accrue des nuances différenciant les environnements physique et social. Par conséquent, penser qu’un site particulier représente l’unique élément forgeant l’identité d’une personne est simpliste et dépassé. L’identité est le résultat de plusieurs facteurs, comme les antécédents culturels, les influences, les intérêts et les croyances. Heureusement, la multiplicité culturelle est tous les jours un peu plus valorisée et les gens se rendent maintenant compte des complexités cumulatives qui définissent l’individualité.

Le présent programme donne à entendre que les artistes sont intrinsèquement influencés par ce qu’ils considèrent comme « la maison », et l’Ontario, cette province si singulière, peut engendrer une foule de réactions. Les gens réagissent aux terres, et celles-ci réagissent parfois aux gens. De l’intérieur comme de l’extérieur, un lien se tisse inévitablement entre un territoire et ses habitants.

Le programme commence avec Wakening, de Danis Goulet. Dans ce court métrage à suspense, réalisé à la perfection, le passé côtoie un avenir post-apocalyptique. Signe d’une opulence passée, c’est dans les vestiges pilonnés du Winter Garden Theatre de Toronto que Wesakechak rencontre le terrifiant et ancestral spectre de Weetigo. Toutefois, à défaut de glacer Wesakechak d’effroi, Weetigo devient son allié et l’aide à combattre les forces belligérantes qui sèment la désolation dans la région.

Dans Cooling Reactors, de soJin Chun, une mise en situation sur la Cherry Beach de Toronto suggère différents scénarios : cinq personnes enveloppées dans des couvertures sont étendues sur le sable avec, par-derrière, des véliplanchistes qui ne semblent guère se soucier des fortes concentrations de métaux lourds, d’hydrocarbures et de BPC qui prévalent dans cette zone. Les cinq individus, évoquant ou des vacanciers prenant un bain de soleil ou des cadavres, disparaissent un à un, tout comme les véliplanchistes, qui se volatilisent, ne laissant sur le rivage qu’une nuée de goélands.

NiiPii (Water), de Jules Koostachin, raconte l’aventure onirique d’une femme participant à un rite cri traditionnel dans l’eau. Dans le cadre de ce rituel, elle fait face à ses peurs et traumatismes passés, puisant de la force dans son vécu et trouvant la paix dans sa renaissance.

L’escalier de la façade du Queen’s Park de Toronto est un endroit au fort symbolisme politique. Dans Repercussions, Terril Calder le reconstitue dans un décor de prise de vues image par image. Ayant davantage la texture du caoutchouc que du béton, les marches permettent à une jeune autochtone de prendre son envol et d’entreprendre un voyage spirituel. Lorsqu’elle atterrit, une figure autoritaire, à priori de mauvais augure, s’avère un compagnon d’armes prêt à envisager l’avenir avec optimisme.

Dans Tea Service, Lisa Birke réforme les mœurs généralement associées à l’heure du thé entre femmes. Tout est en place — la porcelaine anglaise, le napperon de dentelle, la robe à fleurs — dans une romantique clairière, mais l’action se rapproche davantage de ce que l’on pourrait attendre d’une réunion de bûcherons que de dames de compagnie.

Dans Willow, une autre œuvre tournée sous l’œil d’une caméra, Deirdre Logue marche à travers d’inextricables branches de feuillus. Cette vidéo intimiste dépeint une expérience pénible, mais délibérée où la persévérance inébranlable fait fi de tous les obstacles.

Almerinda Travassos aborde également le thème de la persévérance dans le court documentaire Life in the Fast Lane. Le nonagénaire Ben Madill vit toujours sur sa ferme de North Toronto malgré les autoroutes engorgées, les centres commerciaux bondés et les banlieusards affairés qui l’entourent maintenant. Ben est propriétaire de sa ferme depuis 62 ans, fait dont il ne peut douter en raison de l’impressionnante collection d’horloges qu’il accumule depuis son adolescence, dans les années 1930. La cacophonie de tic-tac lui rappelle sans cesse le destin inévitable de sa propriété.

Ice Follies 2012, d’Eric Boissonneault, documente une exposition unique d’œuvres d’art contemporaines qui a lieu tous les ans sur les eaux congelées du lac Nipissing, près de North Bay. Des artistes de la région et de partout au Canada créent à des températures hivernales des sculptures s’inspirant de l’endroit. Cette vidéo expose des œuvres de Brian Bertrand, Bruce Montcombroux, Peter Hargraves, Michael Allegower et Laura Hale.

Conciliant des métrages originaux et des pellicules récupérées, Denim Pox, une œuvre signée FASTWÜRMS, est une observation de rituels célébrés dans une petite ville ontarienne, dans la nature, dans des films, lors d’une fête et sur la ferme du groupe d’artistes. La magie est présente dans chacune des scènes, visibles pour quiconque se concentre et cherche à comprendre.

La dernière vidéo est Mohawk Midnight Runners, de Zoe Leigh Hopkins, et raconte l’histoire inspirante de trois Mohawks qui honorent la mémoire d’un ami défunt en courant nu dans la réserve en pleine nuit. À travers ce geste, ils se mettent au défi de renouveler le respect qu’ils éprouvent envers eux-mêmes, faisant preuve d’optimisme en dépit de la tragédie qui les a secoués.

La vidéo laisse libre cours à la créativité, car elle transmet aussi bien les images, le mouvement et les histoires que les sons, la langue et la musique. Cette technologie est portative, fonctionne mieux à la lumière naturelle extérieure, et peut transporter l’observateur dans un espace-temps différent. Lorsqu’une vidéo réussit à captiver l’imagination, elle crée sa propre existence et détient un potentiel infini. Les artistes de Videontario utilisent avec brio la vidéo comme un prolongement de leur personne et rendent hommage à la terre qu’ils habitent, ajoutant à la richesse des histoires de l’Ontario.

 


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