A propos
Souvenirs du futur
Elizabeth LaPensée, Pinnguaq et Skawennati
Commissaire : Charlotte Hoelke
Assistance technique : Jocelyn Piirainen
 
Du 4 au 19 décembre 2015
Galerie SAW, 67 rue Nicholas
Heures d’ouverture : du mardi au samedi, de 11h à 18h
 
Vernissage : Le jeudi 3 décembre, dès 19 h
Entrée libre, bar payant
 
Skawennati : Time Traveller™ 
 
Souvenirs du futur
Par Charlotte Hoelke
 
C’est la chercheure universitaire Grace Dillon, d’origine anishinaabe, qui a inventé le terme « futurismes autochtones ». Dans un essai intitulé Imagining Indigenous Futurisms (« Imaginer des futurismes autochtones »), elle décrit ce concept comme étant « la possibilité d’un avenir optimiste ... un renversement de circonstances où les autochtones ont la prédominance ou du moins sont au centre de l’histoire. » Dillon explique que « toutes les formes de futurisme autochtone [supposent de] ... rejeter le bagage émotionnel et psychologique élaboré sous [la] l’impact [de la colonisation], et de récupérer les traditions ancestrales pour les adapter à notre monde d’après l’apocalypse autochtone. » Travaillant avec la réalité virtuelle et les jeux vidéo, les artistes médiatiques à l’honneur dans Souvenirs du futur contribuent à produire, diffuser, recevoir et s’engager envers les différentes formes de futurisme autochtone. Ces artistes nous présentent des univers parallèles dont le pouvoir transformateur pourrait contribuer au démantèlement des structures oppressives de la colonisation tout en faisant entendre des voix autochtones actuelles et persistantes .
 
La pièce Invaders d’Elizabeth LaPensée est une réinterprétation ludique du jeu classique Space Invaders. Dans la version de LaPensée, des membres des communautés autochtones tirent des flèches sur des colonisateurs étrangers qui tentent de les envahir et, quand un joueur fait mourir quelqu’un, un membres de sa communauté disparaît. LaPensée confère des attributs autochtones à l’histoire et aux personnages du jeu, mais aussi à la manière dont on pratique et perçoit les jeux vidéo. Dans We Sing for Healing, LaPensée explique que ce jeu « provient d’un lieu que le zoom de Google Maps ne peut pas atteindre et où il est impossible d’utiliser Skype…, qui témoigne d’un voyage dans l’espace/temps thématique et technologique ». We Sing for Healing nous transporte dans un univers onirique inédit où la notion de temporalité, tout comme le futur, nous est étrangère et inconnue.
 
À titre d’organisme sans but lucratif basé à Iqaluit, la compagnie de production Pinnguaq a pour mandat d’offrir des expériences interactives qui repoussent les limites de la technologie ainsi que celles de l’expression culturelle. L’exposition comprend trois jeux conçus par Pinnguaq. Après avoir immergé la communauté des joueurs du Qikiqtaaluk en 1962, le jeu Beneath Floes contribue à préserver l’avenir de l’histoire et de la langue inuites en plaçant les joueurs d’aujourd’hui dans un monde qui est à la foi réel et imaginaire. La transmission de la langue et de la culture est un thème central du jeu Singuistics, où les joueurs apprennent l’inuktitut par le biais de chansons originales ou traditionnelles. Dans Art Alive, des gravures inuites s’animent pour raconter des histoires qui nous permettent d’envisager de manière inédite le temps présent et l’avenir.
 
Dans une vidéo à canal unique intitulée TimeTraveller™, Skawennati nous offre une version décolonisée et  recadrée de l’histoire à partir d’un futur fortement ancré dans la culture autochtone. L’exposition Souvenirs du futur souhaite contribuer au processus de décolonisation de la culture autochotone en permettant au public d’entrer en contact avec diverses expressions du futurisme autochtone. Alors prenez un siège, et laissez-vous transporter dans les futurs que nous avons/aurons inévitablement façonnés pour les rendre réels.
 
   
Elizabeth LaPensée : Invaders , Pinnguaq : Singuistics , Pinnguaq : Beneath Floes
 
L’exposition Souvenirs du futur a été conçue dans le cadre de la Pépinière pour jeunes commissaires autochtones, une initiative du centre d’arts médiatiques SAW Video en collaboration avec le festival Asinabka et soutenue par la Fondation communautaire d’Ottawa. À l'été 2015, l’équipe de SAW Video et l’artiste Ariel Smith ont accompagné deux commissaires émergents, Charlotte Hoelke et Jocelyn Piirainen, tout au long d’un projet de commissariat menant à une projection vidéo en salle et à une exposition d’œuvres d’art médiatique dans une galerie. Le programme vidéo UnMENtionables: Indigenous Masculinities (InHOMmables : portraits de la masculinité autochtone), composé de sept courts métrages d’artistes internationaux, a été présenté le 22 août dernier dans le cadre du festival Asinabka 2015.
 
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